Coup de G... : C'était mieux avant, mais heureusement les GAFAMS sont là.
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| Gaëlle Laborie | Actualité  Vu 29966 fois
Article N°24328

Coup de G... : C'était mieux avant, mais heureusement les GAFAMS sont là.

Entre 10 et 20 ans mes copines et copains s'appelaient Cathy, Sandrine, Sophie, Drissia, Ali, Hervé, François, Carla, Jean-Pierre, Sandra, Abou, Hélène, Idrissi, Sylvain  et tant d'autres.  Au collège, c'était le temps des boums et au lycée nous pouvions aller boire un café avec les profs et parler de tous les sujets sans tabous.
 

Nous sommes de la génération du Rubik's Cube et du Walkman, le Minitel et nous achetions des barquettes de Nutella (à base d'huile de palme) avec la petite spatule

Nous sommes la génération de Touche pas à mon pote et les restos du coeur. Coluche, Balavoine, Droit de réponse et Apostrophe.

Nous avons connu la catastrophe de Tchernobyl, La catastrophe de Bhopal, l'arrivée du sida, la famine en Ethiopie, la marée noire provoquée par le  pétrolier Exxon Valdez.

C'est avec nous que sont nées les nouvelles technologies. Et nous rêvions de conquérir le monde, de le rendre plus solidaire, nous les héritiers de 68.

Et nous avons grandi et vieilli.

Les restos du cœur sont toujours là mais Coluche et Balavoine sont morts ainsi que le Minitel et le Walkman

Droit de réponse et Apostrophe ont laissé la place à la téléréalité et Netflix.

Nous regardons de loin les malades de Tchernobyl et avons oublié les handicapés de Bhopal, environ 32 millions de personnes sont mortes du sida ou de ses conséquences depuis le début des années 80, et nous sommes tellement cons que 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité en 2018 en France (ce n'est pas comme si nous ne savions pas).

On meurt toujours de faim en Ethiopie, le climat amène son lot de cyclones, ouragans et sécheresse.

Et Ferrero met toujours de l'huile de palme dans son Nutella

Mais nous sommes heureux car nous recevons nos courses à la maison et tant pis si nos petits commerçants ferment. Ce n'est pas de notre faute si nos achats sont compulsifs, nous sommes tellement sollicités et tellement pressés qu'il nous faut tout, tout de suite.

Nous avons des amis à travers le monde, nous parlons à notre voiture et notre réfrigérateur, sans parler de notre montre connectée qui prend notre rythme cardiaque..

Nous sommes conscients qu'il  faut plus de social, qu'il faut resserrer les liens, être plus ouverts, plus solidaires. Nous l'écrivons même sur les murs................ de nos réseaux sociaux puis nous éteignons nos ordinateurs.

Nous voulons plus d'égalité, plus de pouvoir d'achat, plus de vacances, plus... plus... plus... et nous le crions à coup de pétitions et de points  d'exclamation sur nos murs................ de nos réseaux sociaux puis nous éteignons nos ordinateurs.

Mais c'est la faute des politiques, de nos élus, des pays voisins, des étrangers, tout ça, ils ne font rien ou pas assez ou trop. Et cela aussi, car nous sommes de vrais révolutionnaires, nous l'écrivons sur nos murs................ de nos réseaux sociaux puis nous éteignons nos ordinateurs.

Et là catastrophe, la COVID-19 s'invite dans nos vies, et nous voilà, pauvres terriens enfermés chez nous. Nous aurions pu prendre le temps de penser au monde d'après, nous l'avons même écrit sur nos murs car durant cette période nous n'avons pas fermé nos ordinateurs, mais voilà, à la sortie, les écarts se sont creusés, la crise économique pointe son nez et Ferrero met toujours de l'huile de palme dans son Nutella.

Par contre nous avons fièrement contribué à une réussite planétaire, celle des GAFAM. Quelle fierté de savoir que nous avons participé à leur pharaonique succès financier en leur faisant gagner des milliards de dollars en leur offrant  nos révolutions écrites, nos achats en ligne, notre intimité avec nos objets connectés, nos données personnelles. Mais ils nous le rendent tellement, nous n'avons même plus besoin de réfléchir, ils le font pour nous. Quel gain de temps.

Même nos grandes entreprises, institutions hébergent leurs données chez eux, comme cela, ils récupèrent  notre savoir faire, nos technologies, nos bilans financiers et de santé. Quel gain de temps supplémentaire  nous aurons quand ils fabriqueront à notre place, rachèteront nos entreprises les plus prometteuses et contrôleront entièrement nos vies. Nous serons des vrais américains.

Alors oui c'était mieux avant, la seule chose que nous oublions est que ces 30 dernières années, c'est nous qui les avons construites et consommées, nous étions là, jeunes adultes, puis adultes, consommateurs, acteurs puis lentement mais sûrement nous sommes devenus spectateurs de nos vies et de la vie de notre pays    et si Ferrero met toujours de l'huile de palme dans son Nutella nous en  sommes aussi responsables.

Alors qu'il suffirait juste que nous, citoyens, tous ensemble, décidions de ne plus acheter du Nutella pour que Ferrero ne commercialise plus de produits à base d'huile de palme.....

Il en est de même pour les GAFAM, imaginez ce que gagneraient nos TPE/PME, ce que seraient nos centres villes, notre économie et notre souveraineté si nous décidions de revenir un peu dans la vraie vie et de participer à nouveau à la dynamique de notre pays.

Nous reprendrions le pouvoir de décider ce que l'on pense, ce que l'on consomme, qui regarde nos données  loin des politiques et des élus. Nous redeviendrions  enfin des citoyens actifs et nous serions à nouveau considérés comme tels et là, notre bulletin de vote reprendrait de sa valeur.

Mais en aurons-nous le courage ?

 

Gaelle Laborie

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