Manifeste socialiste pour un progrès partagé

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Article N°19216

Manifeste socialiste pour un progrès partagé

Beaucoup a été dit sur les causes de la défaite des socialistes en 2017 : divisions, usure du pouvoir, renoncements et reniements. Mais n’oublions pas la dimension la plus grave, la marginalisation idéologique. Le Congrès d’Aubervilliers ne pourra pas être le congrès de toutes les réponses mais il s’agira bien de la question fondamentale pour une formation politique : celle de son utilité sociale. C’est à celle-ci qu’il convient d’apporter une réponse tout en faisant émerger de nouveaux outils et de nouvelles pratiques politiques.

La victoire du prétendu « ni de droite ni de gauche » a sidéré l’opinion publique et bousculé le paysage politique. Six mois plus tard il reste une vision moins idyllique. La loi de l’individualisme s’impose et le Président de la République peine à réduire la fracture entre gagnants et perdants de la modernité alors même que ce qui fait nation réside justement dans ce sentiment que le progrès sera partagé. La cohésion d’une société ne se décrète pas par éléments de langage distillés à la télévision.

?La forme contemporaine du libéralisme se traduit par des mutations technologiques et sociétales d’une ampleur inédite. Nous sommes bel et bien face à un nouveau monde, mais celui-ci ne se résume pas à un rajeunissement du personnel politique ou à l’arrivée massive de DRH à l’Assemblée. Il est avant tout celui d’une violence sociale sans précédent, d’une rupture des mécanismes de solidarité, d’une remise en cause permanente des protections collectives.

?Ce libéralisme nous montre également son incapacité à répondre à l’urgence climatique et sa cécité face à l’ère anthropocène qui s’annonce. C’est d’ailleurs logique, le libéralisme économique considérant que le bien commun n’est rien d’autre que la somme des intérêts individuels, il est incapable d’affronter un défi qui nous dépasse tous, qui nécessite un sursaut collectif qui est contraire à l’essence même de sa doctrine.

?La faillite de la social-démocratie européenne complique encore davantage notre tâche face à ces nouveaux enjeux : un sentiment d’impuissance voire de complaisance vis-à-vis de la mondialisation et du capitalisme s’est installé. C’est l’idée même du progrès qui est mise en cause face aux risques climatique et écologique, tout autant que face à l’incompréhension devant les mutations engendrées par la révolution technologique et de l’intelligence artificielle.

?Nous devons comprendre ces nouvelles douleurs contemporaines. C’est en ce sens que le PS doit faire l’effort de compréhension avant de vouloir et de pouvoir être force de proposition.

?Pour cela, l’action dans les territoires est sans doute le levier le plus puissant pour agir efficacement sur la vie des citoyens. C’est là que doit se mener concrètement le combat, de l’écoute, de l’action et de la preuve. Seule cette proximité et ce caractère concret peuvent permettre de regagner la confiance. C’est pourquoi le territoire est, et doit être au centre de la refondation du PS. Le territoire c’est le réel.

Beaucoup dans leur vie quotidienne se ressentent du côté des perdants et éprouvent un sentiment de dépossession et de déclassement. Notre projet doit être marqué par l’exigence de « vies dignes » pour tous en leur apportant la protection qui est un droit (accès à la santé, à un logement digne, au bien-être au travail, à une protection sociale de qualité pour tous les travailleurs), en renforçant leur confiance dans le progrès à laquelle ils aspirent (tiers de confiance, intimité numérique), en faisant appel à l’innovation sociale, comme l’expérimentation lancée récemment par des départements sur le revenu de base.

?C’est pourquoi le PS doit proposer un projet de société des Nouveaux possibles Maîtrisés s’articulant autour de nouveaux communs qui sont une redéfinition des services publics notamment à l’aune de la révolution numérique, un nouveau modèle productif écologique, de nouveaux droits sociétaux et de nouveaux mécanismes redistributifs qui poursuive le combat pour l’égalité

?L’Europe dans ce contexte doit devenir une Europe-providence pour atteindre le meilleur niveau possible de bien-être économique, social et culturel pour ses peuples, et une puissance pour mettre l'humain au cœur de la mondialisation.

?Nous devons porter notre idéal républicain d’émancipation et d’accomplissement de chacun par l’accès de tous à l’éducation, à la culture, à l’art, et à la garantie pour chacun d’un temps de loisir suffisant pour pouvoir s’épanouir, alors que les mutations du monde du travail posent la question de la déconnexion et de la capacité à échapper à une vie passée entre les transports et l’entreprise. Cet idéal est le meilleur rempart contre le réveil de particularismes identitaires sources de division. À contre-courant de l’uniformisation, qui génère pertes de repères et d’identité dans un monde où tout se dématérialise, notre identité repose à la fois sur des patrimoines culturels et historiques, auquel il faut redonner de la vie et du sens, en bâtissant la deuxième phase de l’exception culturelle.

Ce nouveau cadre idéologique du socialisme sera celui de l’affirmation de nos valeurs humanistes face à une techno-finance sans contrôle. Le Congrès d’Aubervilliers doit être une première étape vers la construction d’une nouvelle doctrine, celle où le progrès est mieux partagé, un nouvel horizon à dessiner, pour que les Français considèrent à nouveau le socialisme comme un chemin d’espoir.

Les premiers signataires :

Sébastien Vincini (1er Féd Haute-Garonne), Valérie Rabault (Députée, 1er Féd Tarn-et-Garonne), Emmanuel Grégoire (1er Féd Paris), Gabrielle Siry (SN), Eduardo Rihan Cypel (SN), Nicolas Brien (1er Féd Allier), Sébastien Denaja (SN), Annie Guillemot (Sénatrice, co-resp. Rhône), Gilbert-Luc (Sénateur, co-resp. Rhône) et Sylvie Guillaume (Députée européenne, co-resp. Rhône), Boris Faure (1er Féd Français de l’Etranger), Didier Steinville (1er Féd intérimaire Hautes-Alpes), Emmanuelle De Gentili (1er Féd Haute-Corse), Etienne Lejeune (1er Féd Creuse), Frédéric Orain (1er Féd Loir et Cher), Guillaume Crépin (1er Féd Cher), Guillaume Mathelier (1er Féd Haute-Savoie), Jean-Jacques Thomas (1er Féd Aisne), Joël Carreiras (SN), Laurent Cervoni (SN), Marc Mancel (SN), Maxime Picard (1er Féd Morbihan), Nathalie Malmberg (SN), Nicolas Sfez (SN), Olivia Polski (SN), Philippe Dussert (1er Féd Hautes-Pyrénées), Rémi Demersseman (SN), Stéphane Ibarra (1er Féd Vendée), Sylvain Mathieu (1er Féd Nièvre), Vincent Recoules (1er Féd Tarn), Vincent Véron (1er Féd Orne), Willy Bourgeois (CR - 39),  Karine Daniel (BN, ancienne députée - 44),  Arthur Delaporte (BN, SF, BF - 18), Patrick Bloche (BN, Maire Adj Paris - 75), Pierre-Alain Weill (Conseiller d’arrondissement Paris - 75),  Mehdi Benlahcen (Président du groupe des élus "Français du Monde à l'AFE - FFE), Damien Bongart (VP CD - 35), Thomas Chevandier (CN - 75), Catherine Lemorton (BF, Ancienne Députée – 31), Franck Gagnaire (1er Féd adjoint – 37), Vincent Gibert (SF, CD -31), Mélanie Thomin (CN - 29),  Samira Laal (CN - 62), Alexandre Borderie (Sec sec, SF – 31), Marie-Jo Allemand (Trésorière fédé - 5), Pierre Juston (Bureau fédéral des adhésions - 31), Rachel Capron (CN - 49), François-Marie Cailleau (SF, BF, CM - 29), Isabelle Montanari (CC - 29), Alain Bernière (Sec Sec – 31), Daniel Molina (AF MJS- 31), Victor Gasia (Trés Sec – 67), Mathieu Sauce (SF – 31), Frédéric Giot (Sec Sec – 31), Pierre Laquet-Fiau (Sympathisant – 65), Valentin Guenanen (CF – 75), Claude Daguerre (Militant – 31), Nawel Oumer (Conseillère de Paris – 75), Christophe Ferre (Militant – 31), Victor Denouvion (Sec Sec, CD – 31), Julien Klotz (SF, CD – 31), Eric Algrain (SF, Maire Adj Paris – 75), Philippe Briançon (BF, CR – 31), Tristan Denoyel (Sec Sec – 31), Stéphanie Calas (CM – 31), Eric Daguerre (Militant – 31), François Briançon (SF, Conseil Toulouse Métropole - 31), Emmanuel Auger (Militant – 31), Antoine Guillou (SF – 75), Loïc Gavarret (Militant – 31), Corentin Lavigne (Militant – 31), Cathy Hoareau (Militante – 31), Pierre-Marie Chevreux (Militant – 69), Alex Menu (SF – 75), Laurent Ricard (SF – 75), Marie-Claude Farcy (CD – 31), Benoit Gibert (Militant – 31), Kévin Havet (Militant – 75), Samuel Dumas (Sec Sec – 31), Jean-Louis Dupin (Militant – 31), Hervé Hirigoyen (BF – 31), Olivier Fournet (SF – 82), Stéphane Fournier (Militant – 91), François Comet (Sec Sec – 75), Bernard Hureau (Militant – 41), Pascal Boureau (Maire Adj, CD – 31), Sandrine Baylac-Duarte (CD – 31), Philippe Aubert (Militant – 44), Jean-Raymond Lepinay (CM, BF – 31), Marilou Mathiot (Militant – 31), Isabelle Rolland (CD – 31), Andre-Paul Camilleri (Militant – 31), Gilbert Quere (CM – 31), Samuel Beaumier (Militant – 75), Lydia Garnier (Militante – 31), Maryse Auger (Sec Sec – 31), Éric Omar Moustaqil (Militant – 84), Anne Boyer (CF, VP CD – 31), Nadia Pellefigue (BF, CN, VP CR Occitanie – 31), Marie Rainjonneau (Militante – 31), Thierry Suaud (CF, Maire, CR – 31), Grégoire Odou (militant - 75), Anne Tousche (BF, SF – 31), Alexandre Figuès-Sampietro (Militant – 33), Alain Herbette (SF – 41), Alix Némir (CF – 31), Olivier-Ronan Rivat (militant – 31), François Boursier (Militant – 31), Pradel Pascale (Sec Sec – 82), Florence Bonnemaison (Militante – 31), Remi Cardon (CN, CM – 80), Michaël Parpillat (BF – 31), François Carbonnel (CF – 31), Nadia Bakiri (Sec Sec, CR – 31), Guillaume Parent (Militant – 67), Béatrice Monnier (CF – 31), David-Olivier Carlier (CF, VP CAM – 31), Hélène Rouch (BF, CM – 31)

 

1er Fed : 1er fédéral de département

SN : Secrétaire national

Pour soutenir la démarche, c'est par là :

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Olivier FOURNET

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