GlobalGeoNews / Guillaume Bigot : ''Gouverner c’est prévoir !''
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Article N°23932

GlobalGeoNews / Guillaume Bigot : ''Gouverner c’est prévoir !''

Reuters

Guillaume Bigot est docteur en sciences politiques, essayiste et directeur général de l'IPAG Business School. Il est l’auteur de "La populophobie ou le gouvernement de l'élite par l'élite et pour l'élite" (à paraître chez Plon en 2020). Nous avons demandé à ce brillant observateur de la vie politique comment il analysait l’action du gouvernement français ainsi que celle de l’Europe Face à la pandémie, mais aussi en quoi nos dirigeants devaient améliorer leurs modes de gouvernance. Propos recueillis par Emmanuel Razavi.


 


GGN : Comment analysez-vous l’action du gouvernement français depuis le début de la crise ?
Guillaume Bigot : Commençons, pour vous répondre de manière objective par rappeler la chronologie des faits entre le confinement et les débuts de la pandémie. Le 23 janvier, la ville de Wuhan et une bonne partie de la province du Hubei sont placées en quarantaine. Alerte rouge pour le monde entier et notamment pour la France, qui possède de nombreuses joint-ventures franco-chinoises à Wuhan, y compris le laboratoire P4, conçu en partenariat avec Paris, sur le modèle de celui de l’Inserm à Lyon. L’Inserm est présidé par l’époux d’Agnès Buzyn. La France était donc la nation du monde la mieux placée pour comprendre rapidement les gravissimes enjeux d’une pandémie de COVID-19.
Alors qu'il était logique pour la France, dès le 24 janvier, d’interrompre les vols en provenance de Chine ou à tout le moins d’effectuer des mises en quarantaine, la France, non contente de ne pas fermer ses aéroports et de n’y effectuer aucun contrôle sanitaire, s’offusquait le 11 mars (un mois et demi plus tard !) de la décision de Donald Trump d’interdire l’entrée des ressortissants de l’espace Schengen.

Le 31 janvier, Paris rapatriait de Wuhan 193 de ses ressortissants dans l'Oise, installant dans ce département le premier foyer de Covid-19. Le même jour, l'Arménie, l'Australie, l'Inde, l'Irak, l'Indonésie, le Kazakhstan, le Koweït, la Malaisie, les Maldives, la Mongolie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines, la Russie, Singapour, le Sri Lanka, Taïwan, le Viêt-Nam et les États-Unis interdisaient l’entrée de leurs pays aux Chinois et à toute personne ayant récemment voyagé en Chine. Le 10 février, les pays de l’espace Schengen, à l’exception de la France, suspendaient la délivrance de visas chinois. Le 26 février, le gouvernement français autorisait le match OL-Turin à Lyon en présence de 3000 supporters turinois, alors que la situation sanitaire était déjà grave en Lombardie. Le 6 mars, Emmanuel Macron et son épouse assistent à une pièce de théâtre pour inciter les Français à ne pas rester cloitrés chez eux. Six jours plus tard, le président français déclare « ce virus n'avait pas de passeport » mais reconnaissait que la France traversait sa « plus grave crise sanitaire » depuis un siècle. Il est vrai que, ce jour-là, on comptait déjà 61 morts. Puis il annonçait la fermeture des crèches, des écoles, des collèges, des lycées et des universités à partir du lundi 16 mars. Le lendemain, l’ensemble des Français allait directement passer de l’insouciance au confinement.

GGN: Quelles conclusions tirez-vous de ce rappel accablant ?
(...) 


Retrouvez l'intégralité de cet entretien sur GlobalGeoNews.com 

Emmanuel Razavi

Lien :https://www.globalgeonews.com/

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