La laïcité est un bien précieux
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Article N°20055

La laïcité est un bien précieux

Le discours du président de la République à la conférence des évêques de France au collège des Bernardins lundi 9 avril suscite la réaction des défenseurs de la laïcité et à juste titre

"Le lien entre l'Eglise et l'Etat  s'est abîmé, il nous incombe de le réparer" a dit Emmanuel Macron lors de son discours à la conférence des Evêques de France au collège des Bernardins à Paris lundi 9 avil.
Il est déjà paradoxal d'évoquer sa définition de la laïcité devant les représentant d'une église particulière et mais plus encore de le faire en utilisant ces mots.
Cette formulation, certes à remettre dans le contexte d'un texte général plus subtil où la pensée présidentielle déploie une incontestable volonté de séduction envers son auditoire du soir, est inacceptable.
La loi de séparation DES églises et de l'Etat du 9 décembre 1905 fixe un principe qui garantit la liberté DES cultes mais aussi et surtout la liberté de conscience. Rappelons en les termes exacts :
"Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l'article 3."

La formulation du président de la République est donc tout à fait inadéquate car il ne saurait être question de restaurer un "lien", qui plus est avec une seule religion, alors que la lettre comme l'esprit de la Loi indique la séparation de l'Etat et DES églises. Exhorter les catholiques à s'engager dans la politique est une incongruité car la République ne connaît QUE des citoyens égaux en devoirs et en droits. Leurs convictions relèvent de la dimension privée, certes légitime, mais qui ne fonde pas le lien politique qui nous unit.

Nous serons clairement vigilant à toute tentative plus ou moins avouée d'ajouter un quelconque adjectif à la laïcité qui n'a pas à être ouverte car son principe même est celui de la libre possibilité de croire ou de ne pas croire ! 
Toute la loi de 1905, rien que la loi de 1905
 

Olivier FOURNET 1er secrétaire fédéral du PS 82

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