La social-démocratie : un avenir à réinventer

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Article N°18385

La social-démocratie : un avenir à réinventer

La social-démocratie représente encore un avenir politique à condition d'en retrouver le sens et d'en réinventer ses formes.

La social-démocratie, un avenir à réinventer
 
 
Les scrutins présidentiel et législatif ont débouché sur un désastre électoral pour le Parti Socialiste… Et ce ne sont pas les derniers avatars de ce traumatisme avec le départ des deux finalistes de la primaire qui vont changer notre analyse !

Alors, certes dans le 82, nous avons fait bloc autour de Valérie Rabault pour assurer sa réélection sur son équation personnelle mais aussi, soyons lucide, grâce à un contexte particulier qui a vu émerger le refus d’une candidature « en marche » opportuniste et finalement incapable de rassembler largement contrairement à notre candidate.

Au-delà de ces résultats électoraux, se pose maintenant la question de notre pensée politique sur laquelle, il faut bien faire ce constat, nous n’avons pas travaillé depuis longtemps.

Avec de multiples changements de direction où des progrès sociaux comme le tiers payant généralisé sont contrebalancés par une loi travail mal ficelée qui se termine par un 49.3 calamiteux, nous avons perdu nos électeurs dans des méandres illisibles pour finalement débattre dans le vide et arriver aux résultats catastrophiques du plus faible score à la présidentielle et du plus petit nombre de parlementaires.

Mais la social-démocratie qui fait de la justice et du dialogue social, de l’éducation et de l’ambition européenne sa boussole, a un avenir pour peu que l’on revivifie ses axes de progrès à l’aune de l’écologie, de la participation démocratique, du combat de l’égalité et de la culture du compromis acceptable à toutes les échelles de la société.
 
Les socialistes peuvent-ils se satisfaire d’un creusement des inégalités salariales ? Clairement non et des pistes comme le « reste à vivre fiscal » qui détermine un plafond global de prélèvement pour les plus modestes afin de garantir leur pouvoir d’achat doivent être débattues, affinées puis proposées à nos concitoyens.

La production de richesse est le préalable indispensable à sa redistribution et les socio-démocrates valident cet axiome mais la théorie du ruissellement qui estime que les revenus des plus riches alimentent in fine  le moteur économique ne peut servir d’excuse qu’à ceux qui se satisfont d’un statu quo inacceptable. L’impôt est le moyen pour la puissance publique de rééquilibrer la distribution des richesses et si l’on peut en discuter l’assiette, il ne saurait être possible de se satisfaire de l’horizon du désarmement de l’Etat ou des collectivités par la baisse continue de leurs ressources. Les efforts de gestion sont utiles mais pas pour, au final, concéder des rentes de situation comme dans les PPP (Partenariat Public Privé) que nous connaissons bien à Montauban avec Ingréo ou les parkings Vinci…

L’éducation reste un investissement d’avenir et ce ne sont pas les mesures démagogiques de renvoyer au local parfois soumis aux groupes de pression, la responsabilité de définir une politique éducative qui peuvent satisfaire les socialistes.
 
La semaine de 4 jours dans le primaire n’a aucun fondement scientifique alors que l’on sait que nous avons les journées les plus chargées et le moins de jour de classe annuel des pays de l’OCDE. L’école française est celle où l’origine sociale est la plus fortement corrélée à la réussite et on préconise de renvoyer les enfants à leur milieu social une journée de plus !
 
La dialogue social ne peut avoir comme horizon l’utilisation des ordonnances sauf si elles sont précédées d’un large accord avec les organisations représentatives et uniquement dans ce cas là pour en accélérer la mise en œuvre.

La représentativité syndicale est un enjeu majeur de la social-démocratie car elle est la base du consensus social nécessaire aux évolutions rendues indispensables par les progrès techniques. Il nous faut donc explorer de nouvelles modalités pour favoriser l’adhésion syndicale à travers par exemple une prise en charge partielle de l’employeur.

Cette ambition globale de la social-démocratie est moderne dans ses objets, elle doit l’être dans ses formes en prenant en compte la révolution numérique, pas pour « marketer » un discours, mais bien pour renforcer la culture participative qui peut redonner le goût de l’espace public à nos concitoyens.

Les expériences de démocratie participative en proposant par exemple à l’échelle d’un quartier de concevoir, d’arbitrer et de financer un projet à travers un soutien de la puissance publique sont susceptibles de redonner goût à la chose publique à nos concitoyens. En s’appuyant sur les outils numériques qui permettent plus de réactivité et réduisent donc le temps entre le projet et sa réalisation, on peut montrer à chacun qu’il peut agir dans et sur son environnement immédiat.

Enfin, il faut redonner à la fonction politique sa dignité en respectant ses engagements, en donnant des repères clairs en termes de non cumul des mandats, de parité et bien entendu de probité en refusant toute forme de népotisme dans un monde qui ne supporte plus ces écarts insupportables !
 
Alors, oui, la social-démocratie est un avenir dont il faut réinventer collectivement les formes mais qui a sa place entre le libéralisme même mâtiné de modernité et le populisme démocratiquement mortifère quelle que soit la forme qu’il prend. 

Olivier FOURNET

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